Pour être participatif, cela l’a été, sauf pour la personne venue présenter ce projet et qui n’a pas été en mesure d’aller au bout. Elle a juste eu le temps de montrer 3 diapos. Sous les hués de résidants qui se trouvaient au fond de la salle : « On s’en fiche de votre présentation », « on n’en veut pas de votre projet ! » le maire de Poissy a finalement lâché : « J’irais au bout, que vous le vouliez ou non ! »
Vous comprendrez que l’on soit en droit de se poser la question : A quoi sert cette réunion si de toutes façons la décision est irréversible ?
Et le maire de se retrancher derrière une affirmation facile, prétendant que l’assemblée présente ne lui est pas acquise.
Comme l’écrit si bien Monsieur Debus sur son blog : « Les habitants du quartier étaient venus écouter leur Maire, tout simplement ! »
J’ai donc fait remarquer en prenant le micro : « Vous vous trompez Monsieur le Maire, il y a des gens dans cette salle qui ont voté pour vous, votre remarque est insultante ! » Je trouve en effet lamentable de se retrancher derrière de tels arguments, même s’il est vrai que nous pouvions compter dans l’assistance : La présence d’élus actifs d’opposition comme : Monsieur Raynal, Conseiller Général du canton. Messieurs Bloch, Monnier, Bihannic Conseillers d’opposition UPP. Monsieur Debus, Conseiller d’opposition DLR. Madame Guiyot et moi-même, colistiers UPP et riverains. Ainsi que des représentants de Cœur de Poissy, Monsieur Olive étant en déplacement professionnel à l’étranger.
Vous pourrez aisément calculer que « ces opposants là », ne pouvaient remplir une salle à eux seuls, salle qui devait contenir une bonne centaine de personnes.
De même que je nie la paternité du tract anonyme tel que cela aurait été pensé lors d’une réunion en mairie lundi soir, monsieur le Maire ne peut en aucun cas attribuer aux acteurs politiques de droite et du centre les heurts qui ont perturbé le début de séance, sacrifiant la présentation du projet pour laisser place finalement aux questions légitimes des riverains.
Que dire de ce projet ?
Certains y verraient d’un bon oeil une crèche, idée sympathique que des riverains ont exprimé ce soir. A cela le maire a répondu hors sujet que le déficit de place en crèche est du à l’ancienne équipe municipale. Une nouvelle fois j’ai donc été obligé d’intervenir pour dénoncer de tels propos. Affirmer que l’ancienne équipe n’a pas construit assez de crèches est un point de vue certes discutable, mais la nouvelle équipe est en place depuis plus de deux ans maintenant. Il se construit partout en France des crèches et écoles en modulaires et cela ne prend que quelques mois, pour ne pas dire quelques semaines. Ce jeu du « c’est pas moi c’est l’autre » n’est pas à l’honneur d’un maire adulte et responsable. Niveau maternelle ! De plus, n’oublions pas que la crèche BABILOU inaugurée par Monsieur Bernard a été initiée par son prédecesseur Monsieur Masdeu Arus.
Pour ma part je ne suis pas favorable à une crèche car le terrain est tout de même « étriqué ». Il faut penser à des aires de jeu de plein air pour les enfants. De plus, aux heures de pointe subsisterait un problème de circulation, de stationnement et faire une sortie de crèche quasiment à l’angle d’un carrefour n’est à mon sens pas une bonne idée pour des raisons de sécurité.
Mais soyons honnêtes, ce terrain appartient à la ville donc tôt ou tard, que la municipalité soit de gauche ou de droite, les riverains qui utilisent ce terrain pour y stationner leurs véhicules seront donc confrontés à une situation difficile. Il faut donc s’attendre à l’avenir à de gros problèmes de stationnement. Alors que l’on y fasse une crèche ou des logements, le résultats serait le même.
De ce fait, je pense que quel que soit le projet, celui-ci doit être mûrement réfléchi de façon à limiter l’impact sur la circulation et le stationnement local.
Un grand absent de cette réunion, Monsieur Richard Bertrand, me dit avoir proposé un projet de maison médicale, pouvant abriter plusieurs spécialistes (Gynéco, ophtalmo, etc…) comme en face de la collégiale.
Ce type de projet me parait intéressant car il pourrait solutionner deux problèmes. Créer des parkings pour les clients et riverains et dynamiser le quartier par une activité économique utile. Monsieur Bertrand ayant perdu ses délégations, nous pouvons donc oublier cette solution, l’équipe en place ne jurant que par le logement.
Mais la question qui nous préoccupe aujourd’hui est : Quel type de logements ?
L’inquiétude des riverains est légitime car la typologie des futurs résidants concernés par le projet de la ville n’est pas claire : Nous nageons dans un vrai flou artistique tellement les élus en place ont peur d’appeler un chat, un chat ! Une fois on entend « jeunes » travailleurs, puis on nous parle de « jeunes » mères célibataires, puis d’étudiants en mal d’indépendance parentale. Ces imprécisions successives étant source des tensions palpables lors de cette réunion. A croire que tout était volontairement fait pour faire passer la pilule sous couvert d’une crise intergénérationnelle, masquant ainsi le fait que ces logements seront finalement destinés à des jeunes en situation de précarité.
Monsieur Rabé dans un exposé virulent a voulu faire porter la paternité de ce projet au Conseil Général, sous prétexte que ce dernier avait mené une enquête sur l’état du logement dans les yvelines. Heureusement, Monsieur Raynal qui est aussi vice Président du Conseil Général a été en mesure de démentir ce lien de cause à effet et d’apporter des précisions techniques révélatrices sur la réelle nature du projet municipal. Car en évoquant le financement de 4 animateurs pour 100 logements (en additionnant un autre projet prévu à la place du Point P, boulevard Devaux), nous comprenons que la ville s’oriente bien vers du logement social pour jeunes en difficultés, seul type de logement pouvant bénéficier de ces aides pour créations de ces postes.
Voilà, nous touchons au but, mais quid des critères de sélection pour l’attribution du « logement » ? Si par malheur quelqu’un découvrait que l’organisme chargé d’attribuer ce type de logements n’est qu’une simple antenne du PS, ce qu’il y a fort à parier, cela serait la cerise sur le gâteau.
Belle façon démocratique de modeler un électorat, quitte à sacrifier la population en place, y compris si une partie de celle-ci vous est déjà acquise, la quantité primant sur la qualité.
Citoyens restez vigileants car lors de cette réunion nous n’avons pas eu le temps d’aborder un autre projet tout proche, rue Charles Maréchal, en lieu et place de l’ancien dépot France Télécom, comme déjà abordé dans une brève du 22/02/2010 de Poissy-Autrement, trois mois jour pour jour :