Le 17 décembre dernier, Richard BERTRAND avait officiellement interrogé Frederik BERNARD, maire de Poissy et Président de la Mission Locale, lors du Conseil Municipal :
« Concernant la Mission Locale, pour laquelle messieurs Bernard et Rabeh représentent la ville de Poissy, son budget a été largement augmenté malgré la décision contraire de la Commission Economique dont j’étais le vice-président. Comme la loi l’exige, ses comptes auraient dû être publiés il y a des mois. Pourquoi cela n’a-t-il pas été fait à ce jour ? Y-aurait-il des problèmes financiers ou comptables que vous nous cacheriez au sein de cette structure ? »
Toujours sans réponse 6 mois plus tard !
Ci-joints les courriers que le SYNAMI (Syndicat National des Metiers d’Insertion) vient d’adresser aux membres du bureau de la Mission Locale.
Ceux-ci reprennent entre autres sujets :
1/ L’absence du bilan financier et du rapport d’activité.
2/ Un appel à ne pas voter les rapports en l’état, au vu des graves dysfonctionnements de cette structure et des lourdes interrogations qui pèsent sur sa gestiont.
3/ Une demande d’audit complet pour comprendre les dysfonctionnements et y remédier.
Rappelons que la Mission Locale était en décembre 2009 au bord de la cessation de paiement, que pour la tenir hors de l’eau il a fallu :
Sauf erreur, il s’agit de la bagatelle de 270 000€ supplémentaires, non pérennes. Le budget moyen étant de 750 000€ par an, il a donc fallu trouver 1/3 de ressources supplémentaires exceptionnelles pour boucler l’année.
La situation financière parait encore plus « vertigineuse » si l’on veut bien remonter sur 2 ans. Le bilan 2007 laissait déjà apparaitre un excédent de 273 000€ ! Même amputé des 129 000 € qu’a couté le départ de l’ancien directeur, il aurait du rester une marge conséquente, aux alentours de 150 000€.
Le bilan 2008 prévoyait un déficit de 105 000€.
Qui peut voter un tel bilan sans plus d’explications ?
Une Assemblée Générale, ne peut s’engager à donner quitus de cette gestion sans se poser de sérieuses questions, et avoir des réponses précises et détaillées, sur l’utilisation réelle des fonds.
D’autres questions se posent
Le bilan 2008 laisse apparaitre la somme de 17 982€ comme « dons spécifiques » aux jeunes.
Cela est sans précédent, d’autant que l’essentiel de ces liquidités est apparu entre septembre et décembre 2008. La hauteur des dons en liquide doit vous interpeller tant sur leurs pertinences pédagogiques que sur leur justification.
25 ans d’intervention sociale dans les quartiers ont toujours prouvé que rentrer dans des logiques d’« arrosage » financier, dans des cadres professionnels chancelants, ambigus et non-contractuels, cela a toujours produit des tensions, des violences et n’a jamais fait avancer l’insertion. Si la question de la pauvreté des jeunes et de l’accès à l’autonomie est majeure et urgente, cela ne s’improvise pas en distribuant des « enveloppes ».
De plus la Mission Locale a fait l’objet de dégradation volontaire (incendie de la voiture de fonction, injures tagguées sur les murs). C’est là une dégradation subite qui doit alerter sur l’état des relations de cette ML avec son environnement. Mais ce que fait exactement la ML de Poissy en direction des jeunes doit être analysé plus finement.
Sans oublier le conflit initial qui oppose la CFDT à l’actuelle directrice.
Sur les 11 salariés (hors directeur) présents en 2008, il y a eu : 3 licenciements 3 démissions 2 inaptitudes au travail dans la structure (malgré 18 et 14 ans d’ancienneté sans problème !)
Pas moins de 4 procédures juridiques sont engagées.
La première (en référé) vient de se conclure par la condamnation de la structure qui avait stoppé le versement des salaires d’une salariée, par ailleurs ancienne déléguée syndicale de la structure et reconnue inapte par le médecin du travail. Aujourd’hui, la direction sous couvert de son président licencie cette même personne sans autorisation préalable de l’inspection du travail et viole au passage allégrement la loi et le statut du salarié protégé !
C’est donc la justice qui soldera ce contentieux, mais nous vous demandons de vous interroger.